JA raconte son histoire :

Chapitre 1 : S’émanciper et accéder au foncier

Le congrès est le temps fort du réseau JA. Les grandes décisions et orientations sont prises pendant ce rassemblement. En attendant d’écrire l’histoire des JA Metz en juin prochain, nous vous proposons de retracer la vie du syndicat et des congrès qui ont marqué les esprits.

En 1929, la Jac se crée. C’est un mouvement de jeunes agriculteurs chrétiens qui prend conscience de la nécessité de se rassembler et surtour de se former pour développer de nouvelles techniques et accéder à un meilleur confort de vie. Dès le début, la limite d’âge est de 35 ans. C’est dans les années 50 que la Jac prend de l’ampleur. Face à un milieu agricole très conservateur, les JA affirment la nécessité de faire la révolution dans l’agriculture, dans les institutions agricoles et dans la tête des paysans.

Les JA ne veulent plus de ses exploitations familiales où travaillent sans relâche les paysans sans niveau d’étude, où des femmes et des gosses servent de main d’oeuvre à tout faire, où des couples écrasés de fatigue ne s’adressent plus la parole. Le paysan a un rôle irremplaçable dans la société. Mais son métier doit être exercé de la meilleure façon possible afin de produire pour les autres et de mieux vivre pour soi. Cette façon d’envisager l’existence et l’exploitation agricole crée une véritable opposition avec les anciens.

Les jeunes, rassemblés, demandent l’intervention de l’Etat pour répondre aux besoins d’une exploitation rentable. Car pour permettre l’installation des jeunes et l’agrandissement des exploitations en dessous des seuils de rentabilité, la Jac devenue Cnja revendique un accès au marché du foncier. C’est au côté du gouvernement qu’ils participent à l’élaboration des lois d’orientation 1960-62. Une des mesures les emblématiques, et encore d’actualité, a été la création des Safer et de ses missions pour maîtriser le marché de la terre agricole et la spéculation des prix. Marcel Deneux, président Cnja à l’époque, rappelle le combat qu’il a fallu mener sur ce sujet : « Nous avions un programme complet de modernisation de l’agriculture alors que la Fnsea se bornait à la défense des prix agricoles. Pour nous, il s’agissait de donner à chacun, quelque soit la dimension de son exploitation d’origine, le maximum de chance de réussir. » Dans les années 50, la France était importatrice nette de produits alimentaires.

Congrès de la JAC à Paris : 70 000 jeunes paysans au Parc des Princes. Une force sociale prend conscience d'elle même.

Congrès de la JAC à Paris : 70 000 jeunes paysans au Parc des Princes. Une force sociale prend conscience d’elle même.

Chapitre 2 : 1973 versement de la première DJA

Il y a 40 ans les principales problématiques du CNJA étaient identiques de celles que nous partageons. Une des préoccupations des lois d’orientations de 1960 étaient de réduire le nombre d’agriculteurs. Mais le CNJA s’inquiétait début 70 de la pyramide des âges et du faible nombre de candidats à l’installation. Quelques années auparavant, les jeunes agriculteurs pouvaient bénéficier de prêts bonifiés. Ceux qui ont pu en profiter pouvaient investir pour moderniser leur exploitation et améliorer leurs conditions de vie. Mais pour beaucoup, cela ne suffit pas pour accéder au métier.

Le CNJA se posait alors deux questions :

  • Comment permettre au plus grand nombre de jeunes de devenir agriculteurs ?
  • Comment développer les exploitations pour en tirer un revenu comparable à celui des autres professions, avec des conditions de vie conformex aux exigences de notre époque ?

Le rapport d’orientation de 1972 avait pour objectif d’apporter des réponses. Il s’intitulait :  » Demain des agriculteurs. »

Les délégués du congrès de Vichy ont alors voté, entre autres, deux propositions qui verront le jour à partir de 1973 :

1- le plan développement : son but est d’atteindre en 6 ans un revenu comparable aux autres catégories socio-professionnelles. Le projet de chaque jeune devai être calculé en fonction d’une situation de dépar, d’une hyptohèse de développement et aboutir à une situation viable et vivable. Cette étude devait permettre à chavcun d’anticiper l’avenir et de prévoir l’évolution de l’exploitation.

2- la dotation nationale pour l’installation des JA : pour le CNJA, elle devait compléter les prêts bonifiés existants. Dans le rapport, il était imaginé une aide à l’installation d’un montant forfaitaire. Versée de manière dégressive pendant les 5 premières années, elle compenserait l’insuffisance de revenu du ménage, pour tous les JA faisant un plan de développement.

40 années ont passé. La volonté des responsables de l’époque, de proposer et réaliser une polituque pour le développement de l’agriculture a permis à quelques centaines de millieurs de jeunes de réaliser leur rêve, leur passion grâce à l’invention de ces aides.

Congrès national du CNJA à Paris en octobre 1966.

Congrès national du CNJA à Paris en octobre 1966.

Chapitre 3 : Le réseau s’organise pour vivre

« Les priorités du syndicalisme jeune sont les suivantes : l’installation et les conditions d’accès au métier d’agriculteur, la promotion du métier, la formation et les enjeux de moyen et long terme ». C’est en ces termes que commence le rapport moral lors de juin 2001 au congrès d’Annecy. Le fond reste inchangé, mais la forme doit évoluer pour rester en prise avec un monde qui change, qui évolue. Le réseau JA doit s’adapter.

Les rapports moraux, travaillés lors de chaque congrès, permettent aux structures JA de garder leur efficacité. Car depuis 1957, beaucoup de choses ont changé. Le nombre d’agriculteurs a énormément diminué. Les centres de décisions ont changé. L’Europe et les régions ont un poids politique qu’elles n’avaient pas il y a 50 ans, de même que les communautés de communes.

Aujourd’hui, les hors cadres familiaux s’installent. Les moyens de communication ont connu leur révolution. Des syndicats agricoles ont été créés. Les rapports moraux répondent aux interrogations ques ces évolutions posent sur l’organisation du syndicat. Dernièrement, nous avons validé le projet réso’RGA’nisation. A Metz, le rapport moral proposera des pistes pour trouver des adhérents qui s’impliquent et prennent des responsabilités. Il proposera surtout des pistes pour faciliter l’engagement.

En 1970, à Blois, le CNJA a connu une grande turbulence avec une confrontation entre deux idées. Deux rapports ont été rédigés et cela a créé une scission en 1972 dans le syndicat. Une partie des responsables d’alors ont ainsi créé un nouveau syndicat, qui deviendra plus tard la Confédération Paysanne.

« Nous sommes paysans, nous voulons rester paysans, mais pour cela il ne faut pas mener des combats d’arrière-garde. A nous d’aborder les problèmes de façon concrète pour apporter des solutions neuves et raisonnables. » Le fond reste, la forme doit évoluer.

Congrès national JA à Saint Flour en 2009.

Congrès national JA à Saint Flour en 2009.

Chapitre 4 : Rester dans les mémoires

Lorsqu’un évènement a marqué un congrès, il est toujours associé au lieu où il s’est passé. Ensuite on se rappelle de l’année. C’est à Annecy que les JA défendaient les prix rémunérateurs en 2001. C’est à Perpignan que Jean Michel Schaeffer a été élu président en 2010.

Le rapport d’orientation 2013 traitera de la coopération. Ces propositions seront associées à notre ville.

Organiser un congrès sur le département, c’est attirer la lumière pendant quelques mois. Le réseau s’organise. Pendant 3 jours, JA s’installe à Metz. Les médias vont faire plus ample connaissance avec notre agriculture. D’ici juin, commenceront les reportages pour présenter notre région. Et pendant 3 jours, les journalistes profiteront de la proximité de Paris (1h30 pour arriver aux Arènes) pour assister en nombre au congrès.

Les invités nationaux exploiteront cette opportunité pour faire le déplacement. Il nous reste à préparer la meilleure réception possible à tous nos hôtes. Les Arènes permettent un accueil optimum. Le choix des repas et des produits, l’organisation des soirées se fait pour laisser aux congressistes une saveur agréable.  Nous mettons tout en œuvre pour mettre en avant nos spécificités et notre savoir-faire. Aussi pour nos partenaires locaux, un congrès est un enjeu économique avec plus de 2000 nuitées et 3500 repas.

Il nous reste trois mois pour séduire nos invités et que chacun reparte sous le charme de la Moselle.

Congrès JA à Montélimar en 1995.

Congrès JA à Montélimar en 1995.

 

Les JA dans l’histoire

Diapositive 1

Dans quelques jours, 700 jeunes vont se retrouver en Moselle. Comme à chaque rassemblement, tous seront heureux de retrouver leurs collègues des autres départements. Certains ont même prévu d’arriver avec quelques jours d’avance. A nous de leur préparer des animations sympas.

Lors de ses travaux, le congrès de Metz va définir les formes de coopération que JA veut développer et promouvoir. Le rapport aura certainement droit à des débats très chauds. Suivant les régions et les productions, chacun a sa vision du travail collectif et surtout de ses stratégies. Les propositions qui en ressortiront seront très étudiées par le monde agricole, qui attend de savoir ce que veulent les décideurs et coopérateurs de demain. Nos différentes coop d’approvisionnement et d’enlèvement sont les premières concernées. Les CUMA également, qui tentent d’attirer les jeunes à profiter des avantages qu’elles peuvent offrir à tous leurs adhérents. De manière indirecte, nos orientations vont influencer nos investissements et par conséquent les stratégies de nos fournisseurs.

Les difficultés rencontrées aujourd’hui et celles qui s’annoncent seront aussi abordées. Comment JA compte les affronter. La coopération concerne aussi les filières. Nous rappelons que la coopération ne concerne pas que le monde agricole, mais est pratiquée dans différents milieux. Notre congrès se terminera par un débat autour de la coopération et de la distribution. La crise que l’élevage traverse, et l’appel à se mobiliser le 23 juin rendent cette journée importante.

Le congrès sera aussi l’endroit idéal pour que chaque organisation s’engage concrètement dans le renouvellement des générations. Les travaux sur la transmission en Lorraine ont été conclus à l’ag des JA Lorraine. Les partenaires ont la volonté de signer un contrat d’objectifs pour que les propositions soient appliquées.

Pour de multiples évènements, notre congrès sera décisif. Nous comptons sur vous et sur votre présence pour accueillir au mieux et faire profiter de notre convivialité à nos invités.

Si la coopération n’a pas d’influence sur la météo, elle peut influer sur l’organisation des chantiers et vous aider à vous libérer pour que chacun d’entre vous puisse assister à au moins un des temps forts de cette semaine. Que chacun d’entre vous participe à l’histoire du réseau JA.

Yannick Grandidier, JA de Verny